Notre passage par la Federation de Russie.


NOTRE PREMIERE NUIT EN RUSSIE



Avant d'arriver à Moscou nous avons parcouru presque 1000 km depuis le passage de frontière, sur une route droite traversant d'étendues forêts. Nous avons eu beaucoup de chance de toujours devoir suivre cette même route M9 tout le long, car, à peine rentrés en Fédération de Russie ( de nuit!), nous nous sommes aperçus que l'un de nos meilleurs alliés, notre GPS, ne contenait que les cartes d'Europe! Eh oui! C'est un peu comme découvrir à la frontière que nous avons pris le passeport de notre soeur à la place du notre, ou les palmes à la place des skis pour aller aux sports d'hiver. Ou encore le cours d'Arabe pour aller en classe de japonais. Heureusement nous avons pris les bonnes cartes, celles de Russie!! Au début, nous étions assez surpris de ne pas croiser de villes ou villages, comme auparavant en Europe, et de toujours apercevoir des panneaux nous en indiquant certaines. Une des particularités de ces routes est de ne pas traverser d'espaces urbains, mais de les laisser quelques kilomètres à l'écart, ce qui rend encore plus mystérieuse la découverte de certains de ces hameaux, ou grands ensembles urbains pour certains. Au début, malgré notre connaissance des cartes, et par mesures préventives, nous avons décidé de ne pas trop nous éloigner de notre autoroute M9. Ayant pris un peu plus de confiance en nous, et rassurés par tout ce qui nous entourait, nous avons osé sortir de cette route rassurante, et c'est ainsi que nous avons voyagé dans le temps. Une des choses qui nous a le plus frappé sur cette portion de traversée, est le contraste entre les différents espaces, et la rapide mutation entre eux. Nous avons découvert des villages où il semblerait que le temps n'a plus opéré depuis des décennies, et d'autres qui en sont devenus de grandes villes, sans qu'on ait eu le temps d'étudier préalablement leur histoire. Cette intensité de contrastes nous suivra tout le long de notre voyage en Russie, et il en sera une de nos plus grosses surprises.


Nous avons traversé:


Velikie Louki

Moscou

Suzdal

Kazan, Capitale du Tatarstan

Oulianovsk

Samara

Oufa

Chelyabinsk

Concernant le GPS, à peine arrivés à Moscou, nous l'avons rempli avec toutes les cartes nécessaires à la suite de notre voyage. Mais nous ne nous passerons jamais des cartes papier, qui en sont, avec la boussole, notre premier réflexe au moment de nous orienter et de faire le choix des destinations.

Ne pas parler une langue rend nos sens en alerte:


Tout le monde ne parle pas anglais. Encore moins français... et l'espagnol, bien que la deuxième langue la plus parlée au monde ( oui oui, après le chinois et devant l'anglais, si l'on compte les locuteurs natifs), l'est encore moins dans ces contrées. Le russe, huitième langue la plus parlée au monde, ne m'a malheureusement pas été apprise par ma grand-mère, pourtant Russe, émigrée en Argentine en 1917 depuis Tiraspol (actuellement la Moldavie), où elle est née. J'ai cependant appris par elle une seule phase en russe, que j'aurai mieux fait de ne pas prononcer pendant mon séjour, étant donné qu'elle m'a plutôt attiré des ennuis au lieu de les arranger: " Je ne comprends pas le russe"... en russe! Petite, j'adorais la dire, et la redire. Ce dernier mois, je l'ai plutôt rangée dans le tiroir des souvenirs.

Je me suis donc appliquée à apprendre le Cyrillique, confortablement assise à l'avant de notre Defender, pendant les longues lignes droites de notre traversée avant d'arriver à Moscou. Je n'ai pas appris le russe pour autant, mais pouvoir lire des panneaux, quelques mots, et identifier les sons, ajouté aux quelques mots appris, ça a été d'une immense aide.

Quand on ne parle pas une langue, on doit quand même manger, se loger, et surtout communiquer. Au début, nous n'avions pas eu le réflexe "google translate". Fort heureusement d'ailleurs, puisqu'il nous aura permis d'avoir des fous-rires familiaux inoubliables! Je pense à l'un d'entre eux, quand nous nous étions arrêtés manger sur le bord de la route. ( A ce propos, pensez à toujours vous arrêter là où vous voyez le plus grand nombre de camions. C'est le meilleur signe que le manger est bon. Peu importe l'heure. En Russie, il n'y a pas d'heure pour s'arrêter déjeuner. Dans les "cafés", vous trouverez, dès très tôt le matin, et jusqu'à très tard la nuit, voire la nuit entière, de quoi vous alimenter, et de manière conséquente: soupes, salades, viandes sous toutes les formes, thés, compotes, purées!). Ce jour là, nous n'avions pas accès à la vitrine. Car quand on ne parle pas une langue, on mange ce que les autres mangent, ou ce qu'on voit derrière la vitrine. Ce jour là, pas de vitrine. Tout ce qu'il y avait devant nous étaient de grandes marmites de soupes, mais il était impossible de deviner ce qu'elles contenaient. Voyant qu'on n'émettait aucun son reconnaissable à leur connaissance, la femme derrière les marmites nous a montré les photos qui se trouvaient au dessus de nous, et qui correspondaient à chacune des soupes. Notre espoir c'est vite estompé devant des photos qui ne nous éclairaient en rien. Elles étaient toutes pareil. Seuls les "titres" différaient, apte aux sachant lire le russe seulement...

C'est là que mon instinct de survie c'est réveillé. J'ai pensé en premier au poulet. La soupe de poulet étant un grand classique. J'ai donc tout naturellement imité la poule vivante, avec le battement d'ailes caractéristique. Mes filles ont découvert mon talent aux arts du mime, et leur regard ébahi m'ont encouragé à poursuivre ma démonstration. C'est ainsi que je me suis retrouvée au milieu de cette cantine sur l'autoroute, à mimer la poule, et compléter la démonstration avec le son qui va avec, pour être certaine que la femme avait bien compris demande de soupe au poulet. C'est à ce moment là, dans l'enthousiasme général, que la femme derrière sa marmite a éclaté de rire, et nous avec. Un rire contagieux, plein de joie. Je ne me souviens plus du goût de cette soupe, mais je garde le souvenir d'un moment de complicité et de communication. J'avoue que si nous avions du faire la même chose dans un pays où nous parlions la langue, nous en serions encore écarlate!


Quand on ne parle pas la langue, on développe une nouvelle sensibilité et on s'expose à une communication différente, plus instinctive, et certainement plus profonde. Cela nous oblige à balayer nos aprioris, à faire sauter les barrières, les filtres de la forme, pour ne conserver ou n'exprimer que l'essentiel, ce qui nous oblige à devenir moins prétentieux, moins exigeants.


Les anecdotes linguistiques et culinaires ont été nombreuses, et elles ne finissaient pas toujours comme on l'aurait souhaité. Comme quand Mathieu a montré l'image d'une purée de pommes de terres sur une photo du menu, pour accompagner ses 350gr de viande rouge, et qu'il s'est retrouvé avec le plat entier, c'est à dire la purée, et les deux saucisses, en plus de sa viande! Ou encore, quand j'ai voulu acheter du sucre dans une petite épicerie, et je me retrouvée avec un café à emporter ( sucré bien entendu!).



Mais un de nos meilleurs souvenirs de communication malgré la barrière de la langue en Russie, reste celui de l'invitation à prendre le petit déjeuner, à 8 h du matin, chez des personnes charmantes à Samara. Nous ne les connaissions pas, ils nous ont attendu la veille, devant notre Defender garée, qu'on rentre de notre longue journée d'échange avec deux classes d'enfants russes apprenant le français. Boris, le père, nous a tout de suite abordé devant son immeuble, dans la rue. Il tenait absolument à ce que sa fille, qui apprenait le français au collège, puisse échanger quelques mots avec nous. Devant quitter Samara le lendemain, nous avons convenu de se retrouver à 8h chez eux. L'accueil qu'ils nous ont réservé nous laisse encore émus. Ils nous ont ouvert leur maison, leur coeur et ils nous ont préparé un petit déjeuner délicieux. En plus des délices locaux, nous avions été reçus avec des crêpes toutes fraiches, faites à 6 h du matin par la grand mère habitant la maison. Un régal, et un moment de complicité inoubliable.




Dans l'immeuble où nous logions, en face de chez Boris, un homme que nous avons croisé dans l'ascenseur, voyant que nous étions étrangers, nous a simplement proposé son aide. Il est ensuite venu frapper à notre porte pour nous apporter des fruits du jardin de son père, ainsi que des yaourts et des boissons. Nous regrettons ne pas avoir eu le temps de le suivre en balade dans Samara comme il nous l'a proposé.


Le long de notre traversée de la Russie nous avons croisé beaucoup de visages. Peu de sourires, car il semblerait qu'ils ne font pas partie des premiers abords en communication. Cela ne nous aura pas empêché d'établir de belles rencontres, de voir des visages radieux, et d'avoir de beaux fous rires.


Nous ne connaissions pas bien la Russie. Nous ne la connaissons toujours pas. Mais nous en connaissons un peu plus qu'avant. Nous savons que nous devrons revenir, pour découvrir plus profondément ses trésors humains, culturels et géographiques. Nous savons que nos aprioris auraient pu bloquer certaines de nos découvertes, mais sommes fiers de réaliser qu'en levant certaines barrières, la découverte est surprenante. Etant étranger, voyageur ou touriste, on comprends qu'il faut apprendre à mieux observer, et mieux s'observer soi-même.





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